Les énigmatiques « marae » de Tahiti et ses îles

Anciens lieux de culte de Tahiti et ses îles

A l’extérieur de Tahiti et ses îles, les « marae » suscitent autant d’intérêt et d’interrogations que les mystérieux Moai de l’île de Pâques. D’une certaine manière, les « marae » font partie des grandes énigmes du Pacifique Sud. Lieux de culte sacrés ou temples à ciel ouvert des anciens rituels païens, les « marae » fascinent, attirent et en même temps inquiètent, parce que l’on ne sait pas vraiment ce qui s’y faisait, à quoi ils servaient, ni à quelles puissances -bienveillantes ou maléfiques- ils étaient dédiés…

En réalité, les « marae » inquiètent et dérangent un peu parce qu’ils sont hermétiques : Ils ne livrent que peu d’indices à l’observateur non initié et gardent leurs secrets… Pourtant les « marae » délivrent un fort message. Quand on foule leur sol dallé de pierres anciennes, on y sent une présence, on y sent des forces toujours agissantes et de mystérieuses énergies qui planent autour de nous. Mais pour l’essentiel, le message des « marae » reste crypté… Sans doute par ignorance, l’imaginaire occidental tend à ranger les « marae » dans ce qui relève plus de l’ésotérisme que de la culture d’un peuple…

C’est évidemment une erreur mais elle est difficilement évitable. En effet, l’approche occidentale de la connaissance procède toujours sur base de tradition écrite et elle tend à s’égarer un peu dans les situations où l’histoire et l’archéologie en rapport avec une culture donnée, n’offrent pas de traces écrites et seulement peu d’indices…. Il n’y a donc guère que la tradition orale polynésienne qui puisse nous en apprendre plus sur les « marae » … Que nous dit-elle ?

En réalité, les « marae » étaient des lieux de culte dont le périmètre symbolique était celui d’un édifice à ciel ouvert, généralement construit à l’écart des lieux de rassemblement humain. Construits sommairement dans un style dont la sobriété confine au dépouillement, les « marae » présentent une forme rectangulaire et sont pavés de pierre ou de corail (dans certaines îles où les pierres sont absentes ou rares). Ils sont souvent délimités par un mur d’enceinte en pierres, le long duquel étaient autrefois plantés des arbres tels que les banian, aito (conifère au bois dur et dense), bois de rose ou tamanu. Ces espèces d’arbres étaient dites être dotées du pouvoir d’éloigner les mauvais esprits… Certains « marae » comportent un autel et laissent entrevoir les vestiges de constructions telles que l’ancien « fare tapupa’u » (où les corps des défunts recevaient le rites funéraires) et le « fare tahu’a » qui était en fait, la maison du prêtre.

En tant que lieux de culte, les « marae » surprennent également par leur quasi-absence d’ornements et d’ostentation : un « marae », c’est surtout des surfaces et des alignements de pierres et le tout donne une impression de dépouillement et d’austérité, au regard du luxe de décorations et d’icônes que comportent habituellement les édifices dédiés aux différents cultes dans d’autres pays… C’est un paradoxe, dans la mesure où on s’attendrait plutôt au contraire ; à savoir, à des dieux polynésiens représentés (dans le cadre d’une religion préchrétienne et polythéiste) et à un dieu chrétien non représenté, conformément aux commandements de la bible (qui n’ont pourtant pas empêché l’essor des représentions de dieu à partir de la renaissance) … Et justement, tout ce que les « marae » ne consacrent pas à la représentation visuelle des dieux vient renforcer l’impression de leur présence sur les sites de l’ancien culte… Leur présentation dépouillée laisse toute la place à l’esprit, au « mana » comme on le dit en langue maohi…

D’ailleurs le mot « marae » lui-même évoque un espace nu et dégagé. Mais il comporte un second sens plus en rapport avec l’ancienne vocation sociale de ces édifices : En effet, le terme « marae » désigne aussi un espace dédié aux réunions, aux intronisations de chefs, aux cérémonies rituelles, aux mariages, aux rites d’offrandes aux dieux, aux sacrifices… Les « marae » étaient le lieu de tous les rituels et de toutes les cérémonies dans lesquelles un appel était lancé aux dieux, pour obtenir leur protection, leur guidance, leur pardon…

Enfin, le « marae » marque aussi symboliquement le lien d’un individu donné avec sa terre, son peuple, son clan ou sa famille ; à telles enseignes que tous les « marae » n’étaient pas royaux et qu’il existait aussi des « marae » familiaux… Les « marae » eux-mêmes ont une filiation : Il y a dans chaque « marae », une pierre qui provient de son marae « père » … Et tous les « marae » ont ainsi un « père », sauf celui de Taputapuatea (île de Raiatea) qui représente le plus sacré de tous les « marae » et qui est dit avoir pour « père » le dieu ‘Oro lui-même… Les « marae » qui sont directement affiliés au « marae » de Taputapuatea bénéficient d’un rang élevé dans la hiérarchie du sacré…

Il est intéressant de savoir que chaque année, nos visiteurs peuvent assister à des reconstitutions de cérémonies rituelles organisées au « marae » de Arahurahu, dans la commune de Paea, sur l’île de Tahiti. Ces spectacles sont hauts en couleurs. En y assistant, vous n’aurez pas l’impression de vous trouver dans un événement purement folklorique parce que comme tous nos visiteurs, vous sentirez réellement passer quelque chose d’indéfinissable, un courant, une énergie, une force… Le « mana » peut-être… qui sait ?…

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